Ce dimanche 13 avril 2025, Mathieu Van der Poel a remporté son troisième Paris-Roubaix consécutif. Le Néerlandais s’est défait de Tadej Pogacar, dans un duel qui s’est conclu par une erreur technique du prodige slovène. Laissant filer Van der Poel qui s’impose seul au Vélodrome de Roubaix.
Au départ de Compiègne, les yeux étaient rivés sur l’attraction de ce début de printemps. A savoir, les deux monstres qui trustent les podiums depuis le début de la saison : Tadej Pogacar et Mathieu Van der Poel. Ces derniers ne laissent que des miettes à une adversité mise au pas. C’est simple, ils se sont rendus maîtres des Monuments et se sont partagés les victoires, au terme de passe d’armes haletantes. Van der Poel s’est adjugé une Primavera explosive tandis que le slovène s’est imposé dans un Ronde où il a fait parler ses qualités dans les monts pavés.
Les interrogations étaient nombreuses avant ce dernier acte entre les deux hommes. Pogacar ferait-il le poids sur le terrain privilégié du néerlandais ? Question qui se posait au propre comme au figuré d’ailleurs. Dans quelle galère s’embarquait le slovène où une erreur pouvait mettre fin à une saison qui s’annonce encore une fois bien remplie.
Dans tout les cas le monde du cyclisme retenait son souffle ce matin du dimanche 13 avril. Les émotions promettaient d’être vives.
Pour autant, si un mot devait ressortir de cette édition de l’enfer du nord ce serait « frustration ». Le duel annoncé Pogacar-Van der Poel fut au rendez-vous… ou presque. Les deux protagonistes se sont rendus coups pour coups dès les premiers secteurs. Tantôt au supplice tantôt virevoltant Pogacar a su suivre dans son jardin son homologue néerlandais.
C’est à une trentaines de kilomètres de la ligne dans le secteur 9, que survient le tournant de la course. Alors que les deux favoris se sont esseulés en tête, Pogacar tente d’accélérer. Il prend un virage à angle droit trop vite et la partie est finie. Van der Poel l’évite en faisant parler ses habilités de cyclo-crossman et s’en va sans se retourner.
Après cet incident, un mano à mano à distance s’enclenche. Le Slovène maintient un retard de vingt secondes avant de perdre quinze secondes après un changement de vélo hasardeux. De là, la victoire se dessine pour le petit fils de Raymond Poulidor. Malgré une crevaison dans le Carrefour de l’Arbre, ce dernier s’impose dans le Vélodrome André Petrieux avec une minute d’avance. Sur la ligne d’arrivée, l’hollandais brandi son vélo avec rage. Il le sait, il vient de réaliser une partition sans la moindre fausse note.
La fausse note elle provient du champion du Monde. Sa chute est le point de bascule de cette édition de Paris-Roubaix. Avec elle s’est enfuit le suspense. Broyer sur les pavés, les espoirs de victoire du slovène ne s’en sont pas relevés.
A l’image de la crevaison de Van Aert dans le Carrefour de l’Arbre en 2023, cette chute de Pogacar est irréversible. Et au final c’est Van der Poel qui gagne
Peut-on parler pour autant de malchance comme pour Van Aert en 2023 ? Il est difficile de tirer de telles conclusions. Il semble évident que le manque de connaissance du terrain et de lucidité à envoyé le slovène dans les cordes. C’est donc la fougue du débutant qui aura eu raison des chances de victoire du champion du monde.
En cette année 2025, Mathieu Van der Poel fut bousculé dans son jardin roubaisien par un petit ogre slovène de 66 kilos tout mouillé. Cependant l’Hollandais a su manœuvrer à la perfection faisant parler sa technique dans le point crucial de cette cent-vingt-deuxième édition de Paris-Roubaix. Il remporte son troisième Enfer du Nord consécutif et rejoint Francesco Moser et Octave Lapize. Non sans mal, il avouera à l’arrivée ne jamais avoir autant souffert sur les pavés du Nord… Montrant encore une fois la dureté de l’adversité qu’impose Tadej Pogacar.
Désormais, Il se lance à la chasse d’un quatrième titre synonyme d’un record de l’épreuve (à égalité avec les belges Roger de Vlaeminck et Tom Boonen)
Quant à Tadej Pogacar, le slovène devra revenir pour espérer décrocher une victoire. Malgré tout, sa performance est plus que remarquable pour une toute première participation à l’une si ce n’est la plus dure course d’un jour au monde.
Il a de quoi être frustré par ce fameux virage, mais le reste de son œuvre est grande. Elle se heurte juste à la perfection d’un homme coutumier du fait à Roubaix. Le manque d’expérience du slovène est la marche qui lui reste à gravir pour prétendre à soulever un pavé du Nord. L’un des deux Monuments qu’il lui reste à conquérir avec Milan-San Remo. Il y a fort parier qu’il ne lui faudra pas longtemps pour être en mesure de le faire.
Ce Paris-Roubaix clôture la première partie de saison. Et couronne Mathieu Van der Poel dans sa confrontation directe avec Pogacar. Les deux champions du monde nous ont offert une campagne printanière complètement folle à la démesure de leur talent. Ils ont su élever chacun leur niveau pour nous faire frissonner.
La perspective de l’édition 2026 est plus que réjouissante. Elle promet d’être chargée de revanche pour le Slovène qui aura sans doute à cœur de rectifier le tir. Pour Mathieu Van der Poel ce sera l’occasion inespérée de remporter quatre fois d’affilée l’Enfer du Nord. Une performance jamais réalisée.
Vivement l’année prochaine !
Amadéo Rays
Crédit photo : Sud Radio

Je ne sais pas si mon commentaire a été publié sur les coureurs français, il a été interrompu par mégarde de ma je l'ai sans doute perdu.
RépondreSupprimerJe poursuis :
Magnier est à suivre bien sur (je n'ai pas d'avis sur lui). Y-en-t-il d'autres ?
Pourquoi ne répondent ils pas aux espoirs que nous mettons en eux ?
Peut-être ils sont fragiles et demanderaient à courir moins ?
Ils ne sont pas leaders d'équipes et doivent faire le boulot "d'équipiers" ?
et autres... ? ? ? et bien sûr ils sont moins bons les les vedettes étrangères.
Ressentis de Poupoujip sur les coureurs actuels français (jeunes)
RépondreSupprimerDe manière générale les coureurs français ne tiennent pas dans le temps : à court, moyen et long terme.
A court terme je donnerai comme exemple Vauquelain qui finit 2ème derrière le nouveau Merckx à la Flèche W. et est loin derrière à LBL et à moyen terme il disparait dans l'année tandis que le nouveau Mercks gagnent les 2 ardennaises de suite ! De plus Vauquelain a du mal "à tenir un grand tour". Toutefois son évolution est à suivre.
Lenny Martinez semble également encore "court", il n'a pas tenu sur le Romandie et on le voit faire l'accordéon dans les montées comme le faisait un certain Pierre Lacour qui lui aussi n'a pas confirmer ses possibilités.
On voit la même chose avec des plus âgés : Julian Alaphilippe, Barguil qui avait fait un superbe tour de France et puis plus rien sauf quelques "à coups". On pourrait ajouter Arnaud Démare qui nous surprend de façon extraordinaire et puis plus rien et puis qui revient et disparait... ???
David Gaudu joue dans la même catégorie "en dents de scie", surprenant dan la dernière Vuelta et en fin d'année 2024 mais on aurait préféré le voir avant.
Par contre le philosophe Guillaume Martin, discret que j'aime bien, est constant au place dans les 20 premiers mais n'explose jamais. Dans les constants je citerais Christophe Laporte, lui pour gagner régulièrement... pas si modeste que cela, il se fait un beau petit palmarès.
Pourquoi les jeunes ne percent pas ?
On leur met trop de poids sur le dos en les voyant de futures grandes vedettes ? Ils prennent la grosse tête ? Ils mènent des vies de "patachon" ? Quelles différences ont-ils avec les étrangers belges, hollandais, slovèles... ? ILs ne sont pas leaders de leurs équipe et font du boulot d'équipiers ? et la préparation, le dopage, la technique... ? ou tout simplement ils sont moins costauds que les vedettes étrangères ?
Je ne sais pas répondre à toutes ces questions.
Bonnes réflexions !